Commencez par un seul son : le cancan de base
Tout appel qui vaut d’être soufflé repose sur une note : le cancan unique de la cane colvert. Le champion du monde Jim Ronquest le dit simplement : « Tout ce que vous apprenez à faire avec un appeau repose sur ce cancan unique. » Sautez cette étape et tous les autres appels resteront baveux.
- Dites le mot « quit » dans l’appeau, ou « hut » ou « dut » si c’est plus facile (Buck Gardner). Le mot force votre langue et votre souffle à bien faire.
- Terminez chaque note nettement. Todd Heidelbauer (DU) : « Les gens font "qua qua qua" quand il faut un "quaCK" propre et net. » Field & Stream appelle le cancan baveux « le signe révélateur numéro 1 du mauvais appelant ».
- Utilisez la comptine « Three Blind Mice » comme gabarit de cadence, trois souris aveugles, cancan-cancan-cancan, puis allongez vers la série naturelle de quatre à cinq cancans de la cane.
- Maîtrisez l’air propre avant de chercher le son rauque « de canard ». Grogner dans l’appel semble un raccourci vers la raucité, mais Buck Gardner prévient que cela « limitera sévèrement le réalisme et votre capacité à élargir votre registre ».
Comment souffler dans l’appeau, vraiment
- L’air vient du ventre, comme quand vous embuez une vitre ou qu’un quart arrière aboie « hut-hut » (Buck Gardner). Les joues ne gonflent jamais : les joues gonflées sont la raison pour laquelle les débutants couinent.
- Scellez comme sur une bouteille, pas un bisou : posez l’appeau sur la lèvre inférieure, lèvre supérieure scellée dessus, aucun air qui fuit aux coins (Buck Gardner ; le compétiteur Bret Ayers).
- Coupez les notes avec la langue contre le palais : un arrêt sec en K ou en T. Le correctif classique de r/Waterfowl : « coupez vite la fin du cancan… vous obtenez constamment un cancan au lieu d’un "quan". »
- Les mains façonnent le son. La main qui ne tire pas forme un « C » autour du baril ; ouvrir et fermer les doigts change la contre-pression, la hauteur et le ton : c’est ainsi qu’on fait onduler une note ou qu’on l’étouffe en babillage nourricier.
- Partez haut, redescendez la gamme souplement, sans note d’attaque (Rod Haydel) : la signature tonale des séries descendantes d’une vraie cane.
- Pratiquez dehors : la réverbération intérieure ment à votre oreille (Haydel).
Les appels de travail, un par un
- Appel de salut (greeting) : 5 à 7 notes descendantes à rythme régulier (« kanc-kanc-kanc… »), soufflées dès que vous repérez des canards (Rod Haydel, DU). C’est un amical « hé, on est en bas », pas un cri.
- Hail call / highball : une longue série bruyante et descendante de 10–12 cancans pour les oiseaux hauts ou lointains. À utiliser avec parcimonie et jamais à moins de 100 verges (Jim Olt) : les pros de DU le considèrent l’appel le plus survendu du marais.
- Babillage nourricier (feed chuckle) : montez l’air derrière la langue et relâchez des micro-éclats : commencez par « tic-tac », passez à « tic-tic-tic », puis « tikkitukkatikka » (Buck Gardner). Les canards qui se nourrissent sonent hachés et erratiques, « da-dit da-dit dit dit » (Haydel), et Mike McLemore (DU) admet que le chuckle « sonne mieux à l’appelant qu’aux canards ». Attendez-vous à y mettre tout l’entre-saison.
- Appel de rappel (comeback) : cancans rapides, pressants, suppliants (« quit-quit-quit » à la douzaine) quand les oiseaux s’en vont ou que leur battement d’ailes devient erratique (Buck Gardner ; Haydel). Soufflez-le dès le vacillement : « si vous attendez qu’ils commencent à glisser, il est souvent trop tard » (Fred Zink).
- Cane solitaire (lonesome hen) : des « Quaaaaink » nasillards et traînés, espacés de plusieurs secondes (Jim Olt, DU). Une école d’appel la qualifie de « l’appel qui rapporte… et il est facile ». Jours de pression, le champion du monde 2014 David St. John n’utilise « rien que des cancans doux de cane solitaire ».
- Appel suppliant (pleading) : 5–6 notes traînées (« Kaaanc, kanc, kanc ») pour les canards entêtés qui passent à 75–200 verges au-dessus (Greg Brinkley, DU).
Appeler la sarcelle : la meilleure amie du débutant
La sarcelle à ailes bleues est le premier canard à descendre au début de septembre et le deuxième canard le plus récolté en Amérique du Nord après le colvert : le canard du jour d’ouverture de bien des chasseurs canadiens. Elle est rapide, basse, grégaire et, selon le chroniqueur de DU Wade Bourne, la sarcelle de début de saison n’est « pas particulièrement méfiante ».
- Ce que dit une sarcelle : « une note longue et perçante suivie de quatre ou cinq cancans aigus » (Bourne, DU). À l’appeau de sarcelle : 3–5 notes rapides et stridentes qui sonnent comme un rire : « keh-KEH-keh-keh » (Buck Gardner).
- Le timing fait tout : la règle de Rod Haydel pour la sarcelle hâtive : appelez après le passage du groupe, « quand ils sont à 20 verges au-delà de vos leurres et s’en vont encore, on voit vraiment un appel fonctionner ».
- Le sifflement de sarcelle : l’éclat d’air le plus petit et le plus sec fait un « chirp », enchaîné en cadences erratiques : chirp… chirp-chirp… chirp (le 6-en-1 de Buck Gardner). Field & Stream note que les sifflements « retournent souvent mieux les groupes hors colvert que les cancans », et Haydel rappelle qu’un débutant (ou un enfant) ne peut pas le rater.
- Laissez aussi parler les leurres : la sarcelle est si grégaire que l’équipe de MeatEater juge que « le leurrage est souvent plus efficace que l’appel » : six à huit leurres et un moulinet (mortel sur la sarcelle) feront plus qu’un hail call parfait.
Parlez leur langue : le reste du marais
- Pilett : couvrez une partie du trou de sortie du sifflet, posez les dents sur l’embouchure et roulez la langue en trille : le pépiement long et clair (le guide californien Ryley Haugh, DU).
- Canard siffleur (wigeon) : un « who-WE-who » soufflé avec de l’air froid d’arrière des dents : le contraire de l’air chaud du ventre des cancans (DU).
- Malard mâle : un « dweep » grave et lent ou un « raeb-raeb » rauque. Ces sons discrets paient les jours sans vent (Haydel).
- Canard branchu : ne copiez jamais le cri strident de vol : c’est une alarme. Imitez les canards paisibles sur l’eau : « tooo-whit » et un doux « too-wheeet » (Buck Gardner).
- Canard gris (gadwall) : courtes notes basses « dut » en petits groupes erratiques : l’un des appels les plus faciles.
- Plongeurs (petits fuligules, garrots) : roulez la langue comme le bruit de mitraillette d’enfance, en éclats courts, main sur l’échappement pour courber la hauteur.
- Oies du Canada : le claquement (« whit ») est « le son le plus élémentaire de l’oie », le gémissement (moan) « beaucoup plus séduisant » quand les oies ne mordent pas (DU). Les éclats de voix (honks) se coupent sec : « whoo-IT » (Buck Gardner).
- Oies des neiges : un « who-who-who » grogné au registre le plus bas que votre voix puisse bourdonner, mêlé de claquements secs : et au Canada, les appels enregistrés d’oies des neiges sont le seul appel électronique que les règles fédérales autorisent.
Lisez les oiseaux : l’appel par scénario
- Oiseaux loin : hail call ou rien. Oiseaux qui travaillent vers vous : un appel de salut dès qu’ils paraissent, puis babillage et cancans simples à mesure qu’approchent. S’ils dérivent hors trajectoire, des cancans simples les ramènent (Haydel).
- Oiseaux engagés : ailes cuppées, freinés, en plané : « tant que les canards viennent, oubliez l’appel » (Rod Haydel). Appeler des oiseaux engagés leur dit exactement où vous vous cachez.
- Les 20 dernières verges : concluez en accélérant tout en baissant le volume : « appeler trop fort de près les fait exploser » (Christian Curtis, DU).
- Oiseaux qui s’en vont : comeback au premier battement erratique : quand vous ne voyez plus que des queues, frappez fort.
- La règle d’or : « n’appelez que des pointes d’ailes et des queues : n’appelez pas des canards qui volent vers vous. Taisez-vous et laissez-les venir » (Field & Stream). Un appel passable au bon moment bat une note parfaite au mauvais.
- Observez la réponse : si un hail call appuyé leur tourne le ventre, ils n’en voulaient pas : descendez en cancans doux et babillages (David St. John, DU).
Quand ne pas appeler
- Le sur-appel est l’erreur numéro 1 du débutant. La formule de Fred Zink : l’appel « doit servir d’outil plutôt que de simple bruit de fond » : dans les marais très chassés, « moins, c’est plus ».
- Les canards de fin de saison ont tout entendu depuis septembre. Sifflements, cancans doux et cane solitaire vendent mieux que l’agressivité après des mois de pression (DU), ou taisez-vous et laissez les leurres et la ligne à secousse parler.
- Discipline d’affût : un seul mène l’appel, les autres complètent : « ne compétitionnez pas contre vous-mêmes » (Haydel). Un novice muni d’un sifflet et de la ligne à secousse contribue, il ne décore pas.
- La vieille boutade de conservation mérite sa répétition : « Un appeau entre les mains d’un novice est l’un des plus grands outils de conservation connus de l’homme » (Nash Buckingham). Personne n’a jamais fait fuir un canard en se taisant.
- L’ordre des opérations : le repérage, la cachette et le timing tuent les canards ; l’appel est la garniture. « Les meilleurs appelants sont d’abord les meilleurs repéreurs » (Joe Genzel).
Équipement et pratique : ce qu’il faut vraiment au débutant
- Double anche d’abord : le conseil majoritaire : plus indulgente, elle sonne « canard » en quelques séances (Outdoor Life, Cupped). La dissidence existe pourtant : Chad Belding et Tony Peterson (MeatEater) mettent les débutants sur une bonne simple anche, et John Pollmann (DU) appelle la simple anche « le couteau suisse des appeaux » tout en admettant qu’« une double anche sonne juste plus canard ».
- Pas besoin de dépenser : les choix testés d’Outdoor Life incluent le DR-85 de Haydel (~23 $, l’appeau de débutant le plus facile qu’ils aient trouvé) et le Double Nasty II de Buck Gardner (~30 $). Ajoutez un sifflet 6-en-1 (~7 $) pour sarcelles, piletts et siffleurs : la confiance la moins chère du marais.
- Matériaux en une ligne : l’acrylique est bruyante et nette en grande eau, le bois est doux et subtil en forêt inondée, le polycarbonate est bon marché et parfaitement meurtrier.
- Pratiquez quelques heures par semaine à l’entre-saison (Ayers), le trajet en voiture, appeau au reposoir de tête, est la routine classique, dehors, et idéalement avec boucle de rétroaction : enregistrez de vrais canards au parc, enregistrez-vous, comparez.
- Des leçons structurées gratuites existent : la série vidéo en 14 volets « The Art of Flight Control » du triple champion du monde Brad Allen enseigne les appels dans l’ordre exact où un débutant doit les apprendre.
- L’échéancier, honnêtement : des sons reconnaissables en quelques semaines ; un vrai feed chuckle peut prendre une entre-saison ; la compétence réelle prend des mois d’écoute des oiseaux vivants. Tous les experts interviewés par MeatEater se décrivent comme des appelants moyens qui tuent des canards quand même.
Prêt à mettre l’appel au travail ? Épinglez vos secteurs repérés, notez les vents de vos sorties et gardez votre permis d’oiseaux migrateurs à portée dans l’appli TrueNorthHunter : c’est la routine d’entraînement qui rapporte entre deux matins de marais.
Questions fréquentes
Quel appeau un débutant devrait-il acheter ?
Une double anche en polycarbonate à 25–40 $, le DR-85 de Haydel et le Double Nasty II de Buck Gardner sont des valeurs sûres, plus un sifflet multi-espèces à 7 $. Un appeau cher ne corrige pas la technique ; un appelant habile fait sonner n’importe quel appeau.
Combien de temps faut-il pour apprendre à appeler ?
Les bases en quelques semaines de courtes séances quotidiennes ; le babillage nourricier peut prendre une entre-saison ; la vraie compétence prend des mois de pratique et d’écoute des oiseaux. Et l’art d’appeler n’est pas l’art de tuer : repérage et cachette comptent davantage.
Faut-il appeler des canards qui arrivent ?
Non. Une fois les oiseaux engagés, ailes cuppées, en plané, taisez-vous ou concluez en notes douces de cane solitaire, volume baissé. Appeler des oiseaux engagés révèle votre position et les fait fuir.
Comment appelle-t-on la sarcelle ?
Appeau de sarcelle ou sifflet après le passage du groupe, pas à l’approche : une note longue et stridente suivie de 4–5 cancans aigus, ou des « chirps » erratiques au sifflet. Combinez avec une petite blette et du mouvement : la sarcelle se laisse plus facilement leurrer qu’appeler.
Faut-il un appeau différent par espèce ?
Non : l’appeau de colvert couvre l’essentiel de la chasse aux canards de surface, et un seul sifflet multi-espèces ajoute sarcelle, pilett, siffleur et malard mâle. Les appeaux dédiés (oies, plongeurs, canard branchu) sont un bonus, pas une exigence.
Guides connexes
Guide des leurres de sauvagine
Blettes, géométrie du vent, poches d’atterrissage et tactiques saisonnières.
Read the guide →Guide d’installation de l’affût
Choix de l’affût, camouflage et règles d’accès pour le marais.
Read the guide →Permis d’oiseaux migrateurs
Le permis fédéral à obtenir avant de chasser la sauvagine au Canada.
Read the guide →Espèces et saisons : canards
Tableaux de saisons par zone pour canards, oies et autres migrateurs.
Read the guide →